Ratio de Palma : définition, calcul et exemples pour comprendre

La part la plus riche de la population mondiale concentre aujourd’hui près de la moitié de la richesse totale, alors que la moitié la plus pauvre ne détient qu’une fraction minime des ressources. Certains indicateurs classiques, comme le coefficient de Gini, échouent à mettre en lumière la dynamique entre les extrêmes de la distribution.Un outil alternatif s’est imposé dans les travaux d’économistes et d’organisations internationales pour comparer plus directement la concentration des revenus. Ce ratio met en relation deux groupes aux positions opposées dans l’échelle des revenus, offrant une perspective différente sur les inégalités monétaires.

Pourquoi mesurer les inégalités monétaires reste essentiel pour comprendre nos sociétés

Les inégalités de revenus traversent nos sociétés et creusent des lignes de fracture. En France, l’Insee mobilise plusieurs outils, depuis le niveau de vie jusque l’étude du revenu disponible des ménages ou le patrimoine des ménages, pour en dresser le tableau. Au-delà des graphiques, ces mesures évoquent une réalité têtue : l’accès aux soins, à l’éducation, au logement est directement lié à ces écarts. Le revenu agit comme un indicateur : il révèle bien plus que la simple surface de la vie, il pointe la profondeur des inégalités.

Année après année, les chiffres issus des sources Insee, notamment les revenus fiscaux ou revenus disponibles des ménages, dessinent la distribution des ressources. En France métropolitaine, la tendance ne change guère : les 10 % les plus riches affichent un revenu médian nettement supérieur à la moitié la moins favorisée. Ce tableau chiffre une concentration persistante, des vulnérabilités multiples et la transmission obstinée des inégalités d’une génération sur l’autre.

Scruter ces inégalités de revenus oblige à dépasser le décompte. Les racines, les mécanismes et les conséquences sociales méritent le détour. Les écarts de revenus et de patrimoine des ménages découpent une géographie de l’accès aux ressources, variable selon la région, la situation familiale, l’âge ou le parcours professionnel. Les enquêtes de l’Insee sur revenus patrimoine livrent les preuves d’un creusement territorial et d’un effet générationnel marqué.

On peut mettre en avant trois axes fondamentaux pour aborder ce phénomène :

  • L’analyse des revenus disponibles des ménages permet de suivre la progression ou la stagnation des écarts au fil des années.
  • La diversification des outils de mesure, avec des indicateurs comme le ratio de Palma, affine la lecture des mécanismes à l’œuvre.
  • L’étude du patrimoine des ménages éclaire la façon dont les écarts de richesse se transmettent et évoluent dans le temps.

Quels sont les principaux indicateurs d’inégalités économiques et comment les distinguer ?

Pour mesurer les inégalités économiques, trois indicateurs reviennent systématiquement : le coefficient de Gini, la courbe de Lorenz et le rapport interdécile. Chacun permet une lecture singulière de la répartition des ressources.

Le coefficient de Gini, largement utilisé par l’Insee, chiffre la concentration des revenus sur une échelle où 0 traduit l’égalité totale et 1 l’inégalité la plus marquée. Il offre une vision d’ensemble sans localiser précisément les écarts majeurs.

La courbe de Lorenz va plus loin : pour une population donnée, elle montre la part cumulée des revenus selon leur répartition, du moins fortuné au plus fortuné. Loin de la diagonale, la concentration saute aux yeux.

Enfin, le rapport interdécile propose un angle direct : il compare le niveau de vie des 10 % du haut de l’échelle à celui des 10 % du bas, offrant ainsi une idée immédiate de la distance séparant les extrêmes. Cet éclairage vient compléter celui du coefficient de Gini.

Voici une synthèse pour clarifier leur approche respective :

  • Gini : synthèse globale de la concentration des richesses.
  • Courbe de Lorenz : représentation visuelle de la distribution des revenus.
  • Rapport interdécile : mesure l’écart concret entre les plus hauts et les plus bas revenus.

Les calculs s’appuient sur les enquêtes de l’Insee DGI, de la DGFIP, de la CAF, de la CNAV et de la CCMSA, qui recensent les ménages déclarant un revenu nul ou positif. Cette méthodologie consolide la robustesse et la comparabilité des résultats obtenus.

Le ratio de Palma : définition, méthode de calcul et exemples concrets

L’économiste chilien José Gabriel Palma a imaginé le ratio de Palma pour concentrer le regard sur les extrêmes des inégalités de revenus. À l’inverse du coefficient de Gini, qui intègre l’ensemble des situations, ce ratio compare essentiellement la part du revenu national captée par les 10 % les plus riches à celle des 40 % les plus pauvres. L’objectif : pointer directement les pôles opposés.

Le principe du ratio est limpide : il s’agit du rapport entre les revenus totaux du dernier décile (D10) et ceux des quatre premiers déciles (D1 à D4) réunis.

  • Ratio de Palma = (total des revenus des 10 % les plus riches) / (total des revenus des 40 % les plus pauvres)

Ce mode de calcul écarte les effets des moyennes et souligne la réalité de la polarisation. Les dernières données de l’OCDE donnent un ratio d’environ 1,1 pour la France : les 10 % du haut gagnent ainsi un peu plus que l’ensemble des 40 % du bas. Dans certaines économies d’Amérique latine, on dépasse sans difficulté les 2,5.

Pour donner un exemple tangible : si les 10 % les plus aisés perçoivent, au total, 110 milliards d’euros alors que les 40 % les plus modestes atteignent 100 milliards, le ratio de Palma ressort à 1,1. Ainsi, cet indicateur expose sans détour l’écart réel entre ceux qui possèdent le plus et ceux qui possèdent le moins, complétant utilement les autres mesures.

Femme expliquant le ratio Palma devant tableau blanc

Au-delà des chiffres : ce que révèle le ratio de Palma sur les dynamiques sociales et économiques

Le ratio de Palma n’est pas qu’un objet froid de statistique. Il raconte la distribution réelle du revenu comme du patrimoine des ménages. Derrière ces pourcentages, se joue la question de l’accumulation, mais aussi celle des laissés-pour-compte. D’un territoire à l’autre, les écarts persistent, souvent plus marqués qu’on ne le croit d’un quartier à l’autre.

Ce ratio est rapidement entré dans les comparaisons internationales, car le coefficient de Gini ne suffit plus à décrire l’écart entre les extrémités. Il séduit par sa clarté : une montée du ratio, et ce sont les hauts revenus qui gagnent en part relative au détriment des plus bas. À l’inverse, un ratio qui se rapproche de 1 montre une redistribution plus équitable.

Pour illustrer plus précisément la portée du ratio de Palma, deux points d’observation se dessinent :

  • Un ratio supérieur à 1,5 signale une forte polarisation et des tensions sociales croissantes.
  • Un ratio autour de 1 indique un meilleur équilibre social, plus susceptible de préserver la cohésion nationale.

En se maintenant autour de 1,1, la France reste loin des fractures spectaculaires de certaines économies émergentes. Mais derrière ce chiffre, restent des disparités silencieuses : régionales, générationnelles, structurelles. Le ratio de Palma, même s’il ne dit pas tout, force à regarder la France en face, avec ce qu’elle distribue, ce qu’elle lézarde, et ce qu’elle promet à ceux qui la composent. Voilà le vrai test : quelle part de la richesse collective sommes-nous prêts à partager demain ?

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