Où se trouvent les principales FPI en France aujourd’hui

L’immatriculation d’un fonds de placement immobilier ne suit pas nécessairement la logique du marché local : certaines juridictions accueillent la majorité de ces structures, parfois sans lien direct avec leurs actifs sous-jacents. Le Luxembourg, l’Irlande ou encore les Îles Caïmans concentrent une part significative des FPI européens et internationaux, bien que les immeubles détenus se trouvent ailleurs.Ce choix de localisation repose en grande partie sur des critères réglementaires et fiscaux, souvent inconnus du grand public. Les non-résidents sont notamment concernés par des régimes d’imposition spécifiques, dont les subtilités varient selon le lieu de constitution du FPI.

FPI et OPCI : quelles différences et pourquoi s’y intéresser ?

Dans le monde foisonnant du placement immobilier collectif, deux véhicules règnent en maîtres : la FPI (fonds de placement immobilier) et l’OPCI (organisme de placement collectif immobilier). Derrière ces sigles, deux logiques bien tranchées. Leur point commun ? Offrir un accès diversifié à des actifs immobiliers, tout en confiant les décisions à une société de gestion professionnelle. Mais la parenté s’arrête là.

La FPI se distingue par une discipline stricte : elle privilégie l’investissement dans des biens réels ou des titres de sociétés à prépondérance immobilière. Son capital est le plus souvent figé, la liquidité limitée. Ceux qui choisissent ce modèle cherchent la stabilité, un revenu locatif régulier, la solidité d’un actif palpable. L’OPCI joue une autre partition : capital variable, possibilité d’entrer ou de sortir à volonté, au moins 60 % d’immobilier, mais aussi des réserves de liquidités et des placements financiers pour absorber les à-coups du marché.

Dans la pratique, ces différences s’expriment très concrètement :

  • La SCPI, qui relève des FPI, privilégie la distribution courante de revenus, mais la contrepartie, c’est une sortie du capital souvent complexe et longue.
  • L’OPCI vise les investisseurs qui préfèrent l’agilité : gestion plus dynamique, exposition accentuée aux fluctuations boursières, mais une capacité de réaction renforcée.
  • Dans les deux cas, la gestion est confiée à une société agréée, qui assure le respect des normes et la transparence des opérations.

Ce n’est pas un simple détail technique : cette distinction influence la stratégie d’investissement, la fiscalité applicable et la manière d’encadrer les risques. Les sociétés de gestion rivalisent pour adapter leurs offres, cherchant le point d’équilibre entre protection du capital et quête de performance.

Où sont constituées les principales FPI dans le monde ?

La localisation des principales FPI pèse lourd dans les stratégies d’investissement immobilier à l’international. Paris s’impose comme le centre névralgique de la majorité des FPI et SPIICAV françaises. La réglementation nationale exige que ces structures soient immatriculées en France, pour garantir la surveillance des autorités, notamment celle de l’AMF, et la lisibilité du cadre légal.

Le Luxembourg occupe une place de choix à l’échelle européenne. Véritable laboratoire pour la gestion collective, il séduit de nombreux fonds paneuropéens et internationaux. Les raisons sautent aux yeux : fiscalité attractive, législation modulable, capacité à séduire des investisseurs venus de divers horizons et à bâtir des portefeuilles qui franchissent les frontières.

Pays de constitution Spécificités
France Circuit réglementaire robuste, contrôle de l’AMF, sociétés à prépondérance immobilière cotées (SPIICAV)
Luxembourg Flexibilité structurelle, portée internationale, fiscalité adaptée aux fonds paneuropéens

D’autres juridictions gagnent du terrain : Irlande, Royaume-Uni, Pays-Bas… Chacune propose des dispositifs hybrides, mais le couple France/Luxembourg reste leader. Le véritable enjeu consiste à sélectionner le cadre le plus cohérent avec le profil des investisseurs et la nature des actifs. Les grands groupes choisissent entre ancrage local et ouverture sur l’international, selon leur stratégie et leur portefeuille.

Réglementation et fiscalité : ce qu’il faut savoir avant d’investir

Le cadre réglementaire des FPI ne laisse rien au hasard. Le Code monétaire et financier verrouille la gestion, sous la vigilance de l’AMF. Les sociétés de gestion doivent décrocher leur agrément, respecter des ratios d’investissement précis et communiquer régulièrement auprès de leurs porteurs de parts.

La fiscalité, quant à elle, varie selon la nature des revenus et la durée de détention des parts. Pour les FPI françaises, les revenus sont généralement soumis au régime des revenus fonciers, imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent des prélèvements sociaux de 17,2 %. Un abattement peut alléger l’imposition après cinq ans de détention, sous conditions précises.

Avant de se lancer, il faut garder à l’esprit quelques paramètres-clés :

  • Type de revenus : fiscalité des revenus fonciers ou BIC (bénéfices industriels et commerciaux)
  • Application du barème progressif et des prélèvements sociaux
  • Abattement lié à la durée de détention, selon les situations

Le paysage change si les FPI sont détenues via un contrat d’assurance-vie : dans ce cas, la fiscalité applicable diffère, souvent à l’avantage de l’investisseur. Tout dépend alors du siège du fonds, de sa structure juridique, et du type de droits détenus. L’administration fiscale veille au grain et contrôle l’ensemble du dispositif.

fpi localisation

Non-résidents : comment bénéficier d’une exonération fiscale sur les revenus des FPI ?

Pour les non-résidents, la fiscalité des revenus issus de placements immobiliers en France suscite bien des interrogations. En principe, la France impose les revenus de source française. Mais les conventions fiscales bilatérales signées avec de nombreux pays précisent les règles du jeu : elles peuvent offrir une exonération fiscale totale ou partielle sur les revenus issus des FPI.

Pour profiter de ces dispositifs, plusieurs étapes sont incontournables :

  • vérifier qu’une convention fiscale existe entre la France et le pays de résidence,
  • fournir à l’administration française un certificat de résidence fiscale,
  • respecter les formalités déclaratives spécifiques exigées.

Certains accords réservent l’imposition au seul État de résidence du bénéficiaire : dans ce cas, la France ne prélève pas d’impôt sur le revenu sur les revenus de FPI versés à l’étranger. Si le fonds se trouve au Luxembourg, la législation locale peut offrir un atout supplémentaire : l’absence de prélèvements sociaux sur les sommes perçues.

Chaque situation demande une étude attentive du régime fiscal en vigueur, de la localisation de la FPI et du statut du détenteur. Faire appel à un spécialiste s’avère souvent judicieux pour éviter les pièges d’une fiscalité mal maîtrisée. Dans l’univers mouvant de la gestion de patrimoine internationale, la fiscalité des non-résidents s’apparente parfois à un jeu d’équilibriste. Prendre le temps d’analyser chaque cas, c’est préserver la cohérence et la solidité de son projet d’investissement.

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